vendredi 28 février 2014

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J’suis l’Homme des rues, j’étudie les caractères, 
l'effet du stress 
sur tous mes congénères.

D’un côté, ceux qui tempèrent, de l’autre, ceux qui s’emportent, 

ceux qui insultent ta mère et ceux qui lui tiennent la porte.

J’suis l’Homme discret, j’ note, moi, j’ dis rien.

D’habitude, j’ vomis pas comme ça les paroles comme des parpaings.
J’ai toujours peur de déranger, j’suis pas à l’aise dans mon corps,

j’ préfère m’écraser comme une merde plutôt que de causer du tort.
Y a trop d’ gens de tous les côtés, 
on en remplit les cimetières et les universités.

Certains se contentent des restes quand les autres ont trop mangé, 
certains se détestent et c’est leur seule manière de s’aimer.
J’ suis l’Homme regret, l’Homme tout va mal 
qui rêve de la machine à remonter le moral.

J’vais chez l’ psy, j’ raconte des saloperies sur mes parents et puis 
je le paie pour m’excuser de lui faire perdre son temps. 
J’suis l’Homme distant devant un porno. 
Je m’interroge sur l’avenir de notre étrange troupeau.
Puis, j’ suis coupé dans mes pensées par une érection, 
j’hésite entre l’ dégoût d’ moi-même et la masturbation.

J’ suis l’Homme femme, des heures devant l’ miroir, 
à travailler un style négligé pour la sortie du soir.
Uniforme de connard, la tenue intégrale, assortie 
avec la misère de ma vie sentimentale.

J’ suis l’Homme sans cause, mais il faut m’ comprendre ! 
Quand tu vois toutes les leçons que l’Histoire peut nous apprendre.
Honnêtement, comment croire en quoi qu’ c’soit ? 
Quand on n’est pas fou ou lobotomisé par la foi.


                                                                                          Slam - L'Homme postmoderne  - Le Vrai Ben



lundi 24 février 2014


Je crois faire partie des personnes 
qui ne jettent jamais rien dans la rue sans pour autant être un aficionado de l'écologie.
Question de personnalité.
Il y a une poubelle, je l'utilise.
Il n'y a pas de poubelle, j'attends d'en croiser une !!

Il m'arrive donc de plus en plus souvent d'être affligé 
par le comportement de nombre de mes contemporains. 
Inutile d'en rajouter , vous me comprenez si vous êtes comme moi.
Et vous n'allez plus lire si vous êtes comme ceux qui jettent tout (discrètement ou pas !) sur la voie publique !!!

Il m'arrive assez souvent de ramasser une canette ou un autre objet sur mon chemin (surtout si une poubelle se trouve juste à côté) 
et de la déposer là où elle devrait être.

Il y a qq jours, je marchais avec une connaissance sur un accès piétonnier assez fréquenté car menant à un centre commercial et une bibliothèque. Et comme je me baissais pour ramasser une de ces canettes, elle m'a dit : " oh mais tu ramasses des déchets ! moi j'y pense souvent 
mais je n'ose pas !" 
J'ai banalisé mon petit geste en plaisantant 
qu'il m'arrivait de le faire mais sans excès ... car j'aurai trop de travail !!

Et puis, plus tard, je me suis demandé si vraiment 
il y avait si peu de personnes qui
"osaient" et me suis décidé à une petite expérience.

J'ai déposé une canette de bière vide bien en vue sur le passage des piétons juste à côté d'une poubelle de rue et je me suis accoudé discrètement un peu plus loin avec un livre (de manière à influer le moins possible sur le comportement des passants)

En 1 heure, 300 personnes environ sont passées, 
nombre d'entre elles l'ont regardée voire contournée,
pas une ne l'a ramassée  !!!
Un enfant s'est même fait reprendre verbalement 
pour avoir voulu la saisir !!

Bon, à part me décerner une médaille du civisme, 
que peut on en déduire ?
Et bien, surtout que la plupart de nos actes ne sont téléguidés 
que par le regard des autres et l'appréciation supposée négative 
qu'ils en auront.
Pourtant, se comporter intelligemment 
devrait être la première de nos motivations pour agir ...





samedi 22 février 2014


Le mal de vivre, ce sentiment de "mal aise"
qui nous gagne parfois,
c'est le résultat de l'accumulation 
de tous les petits ratages
de notre vie quotidienne
subis ou pratiqués
et sur lesquels nous avons passé
(comme nous avons pu !)
un petit coup d'éponge
pour continuer cette vie humaine si débordante
de fausses illusions.

Et puis
qq petits traits malicieux 
 d'Ambrose Gwinnett Bierce
(journaliste américain du 19ème (presque) inconnu 
extrait de son "dictionnaire du Diable" 



la patience : 
forme mineure de désespoir, déguisée en vertu.
l'admiration : 
façon polie de reconnaître que l'autre nous ressemble.
la connaissance : 
se dit d'une personne que vous connaissez assez
pour lui emprunter de l'argent,
mais pas suffisamment pour lui en prêter.
l'amitié : 
vague si le sous-jacent est pauvre ou inconnu,
et intime s'il est riche ou célèbre.
la destinée : 
justification du tyran pour ses crimes ou
excuse de l'imbécile pour ses échecs.
la vanité : 
hommage d'un sot au premier imbécile venu.
la philosophie : 
route qui mène de nulle part à  rien.
l'absurdité : 
affirmation manifestement incompatible 
avec son opinion propre.
l'érudition : 
poussière tombée d'un livre dans un crâne vide.
la politique : 
conduite des affaires publiques pour le profit des particuliers.
reconsidérer : 
chercher une justification pour une décision déjà  prise.
 l'épousée 
femme qui a un bel avenir de bonheur derrière elle.
l'homme : 
animal si éperdu dans la merveilleuse contemplation
de ce qu'il pense être,
qu'il néglige ce qu'il devrait  être.
l'amitié : 
embarcation assez grande pour porter deux personnes
par beau temps,
mais une seule 
en cas de tempête.



dimanche 9 février 2014


Un homme vient de mourir ... 
ça arrive fréquemment, me direz-vous !

Celui là avait demandé à être incinéré.
Un homme sensé, quoi.
Faut pas gâcher la place des vivants.

On l'a donc installé confortablement dans un cercueil 
et puis ... 
au "four" !!

Le cercueil brûle bien, ça, oui
mais pas lui ! 

Sacrebleu ... que se passe t il !

On le remet dans un autre cercueil et on recommence la carbonisation
en augmentant le régime !
Pareil !! le cercueil brûle mais pas le corps du défunt.

Ennui profond des opérateurs ...
Serait-on tombé sur Lucifer
pour qu'il résiste ainsi aux flammes ...

Alors, la veuve, sortant de son silence :
"Ca ne m'étonne pas,
ça faisait 30 ans qu'il prenait 
des anti-inflammatoires"  !!!





dimanche 2 février 2014


La "réaction" a encore de nombreux partisans 
qui avancent souvent masqués 
mais ils finissent toujours par se découvrir 
avec leur fonds de commerce verbal : 
'les complots (des puissants de préférence ! 
on ne va quand même pas jalouser les pauvres 
qui se serrent les coudes ...) ! 
les lobbies (sionistes de préférence, on est plus sûr d'avoir de l'écho !)

Les révolutions sont des mouvements épidermiques peu productifs 
qui ne font pas évoluer les sociétés sinon en permettant 
à de ... nouveaux privilégiés
(les plus costauds des révolutionnaires 
car tout se passe dans la force !)
de s'installer au pouvoir.

C'est pour cela que seule la culture des individus, 
la compréhension de ce qu'ils sont vraiment, 
leur place dans ce cycle court de vie humaine
(une forme de philosophie de la vie en sorte)
dès la petite enfance, fera avancer les sociétés humaines.

Leur apprendre à lire et compter, oui bien sûr,
mais si c'est pour ambitionner d'en faire des "traders" ou des dirigeants
qui n'ont aucune conscience humaniste,
je ne vois pas l'intérêt ... pour la société des hommes.